Témoignage d’Élise

Mon projet d’accouchement à la maison de naissance à débuté avant même que ma troisième grossesse ne soit d’actualité dans mon corps. Quand j’ai su que j’étais enceinte, je me suis précipitée pour prendre un RDV et ai essayé de décrocher une sacro-sainte place dans cette structure.

J’ai vite eu RDV avec Isabelle pour un entretien préalable où, accompagnée de mon homme, j’ai pu exposer mes motivations, raconter mes précédents accouchements qui, quoi que médicalisés, ne me laissaient pas de mauvais souvenirs, juste des moments d’insatisfaction ou de manque… c’est à la fin de cet entretien que j’ai su que je serais suivie tous les mois dans ces locaux par la même sage-femme que j’avais sous les yeux… moi qui voulais de la personnalisation, j’étais servie 🙂

Avoir accès à l’acupuncture à été très salvateur pour moi, qui passe un 1er trimestre horrible à subir des vomissements dits incoercibles, mais grâce à ces soins, j’ai pu vivre mieux les choses 🙂 Par la suite, les douleurs ligamentaires ont pu être traitées par ostéopathie, tout ça toujours dans les mêmes locaux. Bien sûr, je rencontrais Isabelle tous les mois pour une visite mensuelle qui prenait en compte autant mon physique que mon mental. Ce soutien, cette compréhension était vraiment rassurante et a permis au fur et à mesure des mois de créer un lien avec la personne qui m’aiderait à mettre au monde mon bébé surprise.

Le dernier rendez-vous avant mon accouchement, j’arrivais bien tendue… la date du terme approchait à grand pas et je redoutais plus que tout d’accoucher le même jour que mon petit deuz… je trouvais bien trop rude de lui faire cet affront… Isabelle, comme à son habitude, fut très attentive à ma souffrance exacerbée par les hormones et la fatigue… À ma demande, et comme les conditions étaient très favorables, elle accepta de me faire un petit décollement des membranes histoire de voir si ça aiderait un peu la nature.

On peut dire que ce fut le cas… Isabelle, aux aguets, m’appela en fin de journée pour avoir une idée de l’avancée… Je contractais régulièrement mais sans aucune douleur… Je mijotais comme elle dit… C’est à 23 h que tout s’est accéléré… Le temps d’appeler de la famille pour les grands, finir la trousse de toilette, appeler Isabelle pour la prévenir et nous voilà partis. Je pensais avoir le temps même si la douleur était bien présente. Cette nuit du 27 au 28 juillet, il a plu comme jamais sur l’autoroute je crois… mon cher mari ne pouvait pas dépasser les 50… L’enfer… Mais quel soulagement quand j’ai vu ma sage-femme à mon arrivée là-bas!!! Elle m’aida à sortir de la voiture et malgré toute ma volonté pour marcher, c’est en fauteuil que je fus montée en salle de naissance. Positionnée sur un ballon puis allongée sur le lit le temps d’une auscultation rapide, elle fit couler un bain et me donna un peu d’homéopathie.

Les granulés pas encore fondu, je sentis tout mon corps se tendre et fournir un effort de poussée incontrôlable. Le bain coulait encore… mince… je n’en profiterai pas… Le bébé arrivait…elle me guida tout en me laissant faire… J’étais encadrée mais pas dirigée. C’est quand la tête de mon bébé était sur le point de sortir qu’elle perça la poche des eaux. Suivant mon souhait, j’attrapais mon bébé pour le sortir.

C’est une fois mon bébé sur le ventre que j’apprenais que mon nouveau-né était arrivée en OS!… ceci explique l’effort de poussée intense que j’ai du fournir… Jamais je n’avais poussé si fort pour mes aînés. Le professionnalisme d’Isabelle ne m’avait pas permis de percevoir la moindre inquiétude quand à la position de mon bébé et donc, aux risques encourus. C’est avec le recul que je me dis que si j’avais choisi le secteur dit classique pour mon troisième accouchement et donc, accouchement avec péridurale, j’aurais certainement eu le droit à de l’instrumentalisation pour la sortie de mon enfant… peut-être même à une épisiotomie… alors que là, rien de tout ça.

Bref, c’est quand le cordon s’est arrêté de battre qu’Isabelle a tendu les ciseaux à mon mari.

Elle nous a laissé ensuite nous découvrir, découvrir notre troisième et dernier bébé, notre fille… surveillance rapprochée mais discrète pour vérifier les saignements, descente en maternité 2 h après la naissance, retour précoce à la maison 24 h après mon accouchement. Suivi à domicile avec une sage-femme de mon secteur, petit appel d’Isabelle pour prendre des nouvelles 3/4 jours après l’accouchement… cette aventure humaine restera gravée dans mon cœur…

Je conseille à toutes les futures mamans qui en ont le désir, de pousser les portes de ce lieu et de s’offrir cette occasion de découvrir le suivi et l’accouchement physiologique.

À l’heure ou j’écris ce témoignage, une grève gronde au sein de la profession de sage-femme. Je leur témoigne tout mon soutien dans cette recherche de reconnaissance auprès des grandes institutions, qu’on leur offre enfin ce statut tant mérité, le salaire qui va avec, j’espère de tout cœur que cette lutte aboutira.