Témoignage de Lydie

J’ai accouché de mon deuxième enfant en 2008 à l’hôpital de Pontoise en circuit classique. Je venais d’arriver dans la région et je ne connaissais pas la maison de naissance. Je me suis inscrite à la maternité au septième mois de grossesse et j’avais le projet d’accoucher de façon naturelle et sans péridurale. Le jour de l’accouchement la sage-femme présente aux urgences m’a conseillée de prendre la péridurale, ce que j’ai refusé. Je n’ai pas été encouragée dans mon choix et j’ai finalement accepté la péridurale, à force d’entendre que la douleur serait très vite insupportable et sous la pression de savoir qu’après ce serait trop tard. Une fois la péridurale posée, je n’ai plus eu le droit de bouger et le travail a été largement ralenti jusqu’à ne plus progresser. On m’a injecté de l’ocytocine pour relancer le travail et je me suis sentie mal, dans un état second. La fin de l’accouchement s’est mal passée parce que je ne pouvais plus bouger et qu’un nerf coincé me faisait souffrir énormément. Le travail n’a pas évolué du tout pendant de longues heures. Je n’ai pas gardé un bon souvenir ce cette deuxième partie de l’accouchement à cause de cette péridurale immobilisante et de l’absence de la sage-femme qui se montrait une fois par heure.

Tout a changé en 2011 pour la naissance de mon troisième enfant. J’ai été suivie par Isabelle Georgel dès le début à la maison de naissance et dans un environnement plus que rassurant, très maternant. Les cours de préparation ont été vraiment profitables et chaque consultation en tête à tête durait au minimum 30 minutes, de quoi répondre à toutes les questions et de quoi instaurer un climat très rassurant. Je suis arrivée le jour de mon accouchement pleine de confiance en Isabelle et en moi-même et l’ambiance très intime de la maison de naissance a été un facteur très important pour le déroulement de mon accouchement. Le fait de se retrouver comme à la maison et d’avoir été suivie par Isabelle tout au long de ces 9 mois a été déterminant. L’accouchement a été une vraie réussite, sans péridurale et sans aucun artifice, rapide, et vécu activement en accompagnant les différentes étapes de cette naissance et non comme en 2008, allongée avec une douleur de nerf coincé, une sensation de froid et une soif immense puisque je n’avais pas le droit de boire. Cette fois-ce, j’ai pu bouger tout au long de l’accouchement et immédiatement après j’ai pu me lever et prendre une douche, et si j’en avais eu la possibilité, je serais rentrée chez moi quelques heures après.

Lorsque je raconte cette naissance autour de moi, les amies et les femmes de ma famille m’envient, et me disent qu’elles aimeraient connaître un endroit comme celui-ci dans leur région. Certaines vont se renseigner mais habitent Nanterre ou Paris, d’autres cherchent un équivalent dans leur région. Toutes sont unanimes pour dire à quel point les suites de couches se passent mieux après un accouchement sans péridurale.

Toutes les femmes devraient pouvoir avoir le choix de vivre un accouchement comme le mien ; l’hôpital de Pontoise reste pionnier en la matière et doit être fier de pouvoir proposer un endroit comme la maison de naissance où les femmes sont plus libres et participent activement à cet événement qui n’a pas besoin d’être autant médicalisé. Il est cruel de se voir refuser l’inscription par faute de place, il est crucial de poursuivre les efforts d’implantation de la maison de naissance et d’en favoriser l’accès à encore plus de femmes.