Maison de Naissance : Un concept peu connu de nos élus

Le plus énervant dans l’affaire des Maisons de Naissance en France, c’est qu’un bon nombre de nos élus ne semblaient pas connaître le sujet : confusion entre petite maternité et maison de naissance, ignorance du concept d’accompagnement global qui est l’essence même des Maisons de Naissance… L’argument favori contre les Maisons de Naissance fut celui de la sécurité : « Nous estimons qu’il y a une contradiction entre la volonté de sécurité et la promotion des maisons de naissance… ». Un argument qui ne tient pas la route au regard de l’expérience de nos voisins européens : il n’y a pas plus de risques pour les femmes suivies et accouchées en Maison de Naissance ni pour leurs enfants. Les résultats y sont même souvent meilleurs ! Et cela parce que les critères d’admission sont draconiens et qu’aucune grossesse à risque ne peut être suivie en Maison de Naissance, si petit soit le risque. Mais aussi parce qu’un environnement calme et la présence d’une sage-femme que l’on connaît permet de diminuer l’état de stress qui peut être à l’origine de nombreux incidents pendant l’accouchement.

Le même député dira un peu plus tard « L’INSEE constate qu’en 2009, la mortalité infantile augmente à nouveau pour atteindre 3.7 décès pour 1000 naissances. L’institut ajoute que pendant ce temps, cette mortalité continue de se réduire dans d’autres pays européens ». Dans le classement des plus faibles taux de mortalité infantile, la France occupait le cinquième rang en 1999, juste derrière les pays nordiques ; elle se situe en 2008 à la 14ème place, derrière la Grèce et l’Espagne. Très étonnant pour un pays qui n’a pas de Maisons de Naissance censées augmenter le taux de mortalité infantile… Et quels sont les pays qui ont le plus faible taux de mortalité ? Les pays européens qui ont développé le suivi de grossesse et les accouchements hors hôpital.

Les usagers que nous sommes avons même été suspectés d’appartenir à des groupes occultes : « Nous [le groupe politique dont fait partie le député qui parle] avons été inondés de mails envoyés par des lobbies dont on ne connaît pas l’origine. Nous allons ouvrir une enquête sur le lobbying qui est derrière tout cela. Des intérêts extraordinaires sont en jeu ». Quels intérêts, si ce ne sont ceux des femmes françaises et de leurs enfants qui demandent simplement de pouvoir avoir un peu plus de choix ? Mais nous saluons aussi le courage, la précision et la détermination d’autres députés et sénateurs qui connaissaient manifestement le sujet et ont montré une grande ouverture d’esprit.